Culture foot: l’arbitrage !

Culture foot: l’arbitrage !

Trop souvent critiqué, jamais vraiment mis-en-valeur, l’arbitre détient pourtant un rôle clef dans notre sport. Dépositaire du jeu, c’est lui qui assure le bon déroulement du match et la sécurité des joueurs. Il prend jusqu’à 840 décisions par match, là où un joueur touche en moyenne 60 ballons, un arbitre professionnel parcourt en moyenne 8 kilomètres en sachant qu’il doit garder sa lucidité pour prendre la meilleure décision possible. Avec ces chiffres, on comprend mieux pourquoi des erreurs sont commises. Malheureusement, l’arbitre souffre trop souvent d’une mauvaise image, imputée par des acteurs extérieurs au jeu ou par les joueurs eux-même. Cette mauvaise image rejaillit sur les jeunes arbitres, qui rechignent à s’engager dans cette voie. Pour réaliser cet article nous avons interviewé Sofian, arbitre du club et Olivier Ledoux, conseiller technique départemental en arbitrage.Le contenu de cet article provient de leur témoignage. Coup de projecteur sur les hommes en jaunes !

Les arbitres sont confrontés à plusieurs problèmes qui entachent leur autorité et les discréditent auprès de l’opinion publique. En tant que représentant de l’autorité, ils sont souvent désignés coupables par l’équipe qui a perdu. Il n’est pas rare d’entendre des fortes critiques, voire presque des injures de la part de consultants en plateau , des entraîneurs ou des supporters . Lors des deux interviews que nous avons mené, cette problématique est toujours revenue. La méconnaissance des règles de la part de ces acteurs est également pointée : il est rare de voir des anciens arbitres devenir consultants. L’arbitre sert parfois d’alibi pour justifier une défaite : il est plus facile de blâmer l’homme en jaune que ses joueurs pour un entraîneur.

Un changement de mentalité doit être entamé et cela passe peut être par plus de sévérité envers les gestes inappropriés sur les arbitres. Si on prend l’exemple du rugby, l’arbitre est respecté par les joueurs car dès qu’un joueur dépasse les limites il est sanctionné. Rendre audible l’arbitre peut aussi permettre de comprendre des décisions et de se rendre compte des mauvais comportements.L’expérience avait déjà été mise-en-place en coupe de France mais n’a pas été reconduite.

Dans ce contexte de pression, où tout le stade essaie de l’influencer, faire preuve de pédagogie et de sérénité se trouve être très difficile. C’est souvent ce qu’on reproche à l’arbitre. Sur ça, les deux « camps » doivent faire des efforts : une bonne attitude de la part des joueurs engendrera surement moins de pression et plus d’explications de la part de l’arbitre.

Mais revenons sur le sujet qui nous intéresse : comment promouvoir l’arbitrage au niveau amateur ? Comment peut-on motiver un jeune à devenir arbitre ?

Le travail pourrait être fait au niveau des clubs, en jouant le jeu c’est-à-dire, en faisant arbitrer les remplaçants , en obligeant les jeunes à arbitrer pour qu’ils découvrent ce qu’est l’arbitrage. Il est possible qu’arbitrer soit la vocation pour un jeune mais qu’il ne le sache pas. Il ne faut pas hésiter également à demander de l’aide au district dont c’est la mission d’aider à la promotion de l’arbitrage.

Être arbitre ne veut pas dire renoncer à jouer, il est possible de jouer le samedi et d’arbitrer le dimanche. L’arbitrage forge un caractère et une personnalité . Malgré tout, dans 95% des cas à la fin du match, la pression retombe et tout le monde se sert la main. A savoir également qu’arbitrer un match permet de percevoir une rémunération.

Olivier Ledoux nous a fait part du problème de fidélisation de l’arbitrage amateur : le district forme à peu près autant d’arbitre qu’il en perd chaque année. Cela s’explique par un « ras-le-bol » des arbitres par rapport aux pressions qu’ils subissent surtout venant de l’extérieur. L’arbitre peut gérer les comportements sur le terrain mais en dehors ça n’est pas possible. C’est un problème, car pour devenir un arbitre confirmé, il faut 3 ans d’expérience en moyenne. Il n’est pas possible de sanctionner des personnes de l’extérieur mais les clubs peuvent sensibiliser et veiller à ce que les gens se comportent bien.

Dans ce cadre, l’AS Hersoise a dédié un paragraphe de sa charte au respect des arbitres dont voici un extrait : « L’attitude de la famille envers le corps arbitral est essentielle pour la construction de l’enfant. Un joueur qui voit ses parents critiquer un arbitre fera la même chose plus tard. Les arbitres peuvent se tromper. Ils doivent encourager et valoriser les attitudes « fair-play ».

Nous espérons que cet article vous a plus et nous continuerons à mettre en avant les arbitres du club à travers des photos ou des posts sur les réseaux sociaux.

A la prochaine !

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